Entrepreneure hypersensible, c’est possible ? Beaucoup d’entrepreneuses se lancent à leur compte après un passé de salariat douloureux émotionnellement et psychologiquement. D’autres créent leur entreprise parce qu’elles n’ont jamais trouvé leur place dans le milieu du salariat. Notamment en raison d’un manque d’alignement de leurs valeurs face aux codes d’une vie professionnelle « classique ».

C’est mon cas. Je me suis lancée dans l’entrepreneuriat très jeune, mon hypersensibilité s’étant avéré incompatible avec la vie de salariée.

Pour autant, si l’Entrepreneuriat semble la voie rêvée des âmes indépendantes et sensibles, il n’en reste pas moins un chemin challengeant, fait de nombreux obstacles, et sur lequel nous sommes maîtresses de notre liberté… Comme de notre propre emprisonnement !

Entrepreneure hypersensible : être plus de vigilante quant à notre caractère à fleur de peau.

 

Hypersensible ou pas d’ailleurs, de nombreuses études, dont celle réalisée par l’observatoire Amarok, organisme spécialisé dans l’étude de la santé des dirigeants, alertent sur la fragilité de la santé mentale des dirigeant.e.s de TPE-PME, 70 % d’entre eux déclarant souffrir de stress quotidien, et 17 % d’entre eux présentant des signes de burn-out.

La clé ? Poser des limites. Je vous partage, depuis ma propre expérience, les différentes limites à poser pour préserver votre épanouissement sur ce « grand Trail » émotionnel qu’est l’entrepreneuriat. Dans cet article, retrouvez des conseils simples et efficaces, à intégrer de ce pas dans votre quotidien ! 

#1. Entrepreneure hypersensible & casquette « service client » : poser des limites vis-à-vis de nos client.e.s.

 
  • Bien comptabiliser TOUT le temps de travail alloué à chaque client.e.s dans son planning et dans son tarif : temps passé en séance si vous êtes accompagnante, temps de préparation de séances ou temps de production, temps « bonus » alloué à la relation client (vous savez, les messages à droite et à gauche qui s’accumulent pour aider chaque client.e un peu plus…). À noter que c’est bien sûr avec l’expérience que vous saurez comptabiliser ce temps. D’où l’importance de réajuster son tarif régulièrement…
  • Poser un cadre clair – ce qui sous-entend de savoir dire non, ou en tout cas se forcer à dire non… Mon astuce pour faciliter la chose : toujours tout bien contractualiser, et écrire noir sur blanc le mode de fonctionnement de la collaboration, et les conditions de « dépassement ». Par exemple, écrire sur un contrat qu’en cas de demande supplémentaire non incluse dans le devis d’origine, il y aura un avenant au contrat avec facturation supplémentaire.
  • (Se) mettre des limites claires entre temps professionnel et temps personnel, comme ne plus répondre aux messages à partir de 20 h 30 (sauf urgence).
 

Entrepreneure hypersensible

#2. (Hyper) sensibilité et casquette de « cheffe d’entreprise » : (se) poser des limites dans la gestion quotidienne et globale de notre entreprise – Et pour rappel : même en tant qu’Indépendante solo, vous êtes une cheffe d’entreprise !

  • S’organiser en fonction de son chronotype. Par exemple, mes clientes me demandent beaucoup d’énergie mentale et émotionnelle. Personnellement, mon énergie étant à son pic le matin et le soir, je tâche de fixer quasi tous mes rendez-vous clients avant 14 h ou en fin de journée !
  • Un emploi du temps plus léger : personnellement, je ne travaille pas plus de 25h/semaine, car je suis très vite fatiguée émotionnellement. Et OUI, cela signifie lâcher prise sur l’incompressible et rallonger parfois les délais trop tendus…
  • Mettre en place des rituels de décompression (Exemple pour moi ; faire des étirements le matin ou le soir).
  • Se garder 1 journée/semaine de travail solo : pour se recentrer sur soi, faire sa comptabilité, gérer sa communication, etc.
  • Faire des bilans 1x/mois (ou au moins 1x/trimestre).
  • Prendre des congés réguliers : pour moi, c’est le cas environ toutes les 7 semaines, car j’ai observé qu’au-delà de ce laps de temps, je ne suis plus bonne à rien si je ne prends pas un peu de repos total !
  • Couper 2 jours par semaine consécutifs (le weekend), dont un jour sacré (le dimanche dans mon cas) : quand je travaille le samedi (salons, etc.) je prends mon lundi pour avoir mes 2 jours de repos consécutifs.
  • Déconnecter des messageries sur des heures fixées : est-ce que les salarié.e.s se connectent sur leur boite mail à 2 h du matin ? Non. Je sais qu’en tant qu’indépendante, nous avons notre entreprise ancrée au corps et à l’esprit. Pourtant, la déconnexion quotidienne est LA clé pour préserver notre santé mentale sur le long terme. Forcez-vous – pour votre bien-être – à “débrancher” chaque jour de votre activité.

Entrepreneure hypersensible

#3. (Hyper) sensibilité et casquette de « cheffe de projet » : (se) poser des limites dans la gestion de nos projets et objectifs

 
  • Mettre en place des logiciels d’automatisation pour soulager la charge mentale inutile (Exemple : un outil de planification de posts sur les réseaux sociaux, un logiciel de comptabilité mieux optimisé, des modèles de mail préenregistrés, etc.)
  • Faire le tri dans les partenariats : moins de partenaires, mais mieux « pensés ». Parce que mine de rien, accumuler les partenaires, c’est accumuler du temps de travail « à titre bénévole » durant la mise en place ces projets communs. Et donc, dépenser et disperser beaucoup d’énergie.
   

Conseil spécial fin d’année : ne PAS se fixer de nouveaux objectifs en milieu de dernier trimestre (c’est le meilleur moyen de finir par travailler à 23 h à Noël et commencer 2023 sur les rotules). J’entends par là se concentrer sur le fait de clôturer les objectifs déjà fixés ces derniers mois, et prévoir les nouveaux objectifs pour janvier. En d’autres termes, finissez déjà votre assiette avant de vouloir vous resservir !

#4. (Hyper) sensibilité et casquette de « commerciale » : (se) poser des limites dans la gestion de notre communication

 

  • Anticiper la création de contenu pour le dernier trimestre, avec le « batching ». C’est-à-dire préparer en avance votre communication (posts, articles, etc.) quand l’énergie est encore là, par exemple au printemps, durant l’été et/ou en début d’automne.
  • Recycler d’anciens contenus de communication : créer de nouveaux contenus constamment peut-être épuisants. Surtout en période de sensibilité accrue. L’astuce : aller chercher dans vos anciens contenus (blog, posts, webinaires, etc.) des sujets à réutiliser sous un autre angle ou un autre format. Par exemple, utiliser un article de blog pour en faire plusieurs petits posts sur les réseaux sociaux (une citation, une infographie, un carrousel, une vidéo…).
  • Ralentir le rythme de publication si besoin (tout en gardant toujours une régularité bien sûr !).
  • Éviter, pendant une période de grande sensibilité, les actions de communication trop stressantes émotionnellement. Par exemple, si faire des lives (type ateliers, conférences, …) est pour vous très énergivore, évite de vous en fixer un par semaine pendant un certain temps ! Concentrez-vous plutôt sur un type de communication avec lequel vous êtes plus à l’aise, le temps de retrouver plus d’énergie.
  • Et surtout : mettre en place une stratégie de développement et de communication respectueuse de vos capacités, de vos valeurs, de votre sensibilité.

Pour aller plus loin.

C’est d’ailleurs dans ce respect de votre mode de fonctionnement que j’ai créé l’Accompagnement Floraison. Pour vous accompagner dans la définition d’une stratégie de communication qui vous ressemble. Parce que je sais à quel point être entrepreneure et hypersensible peut-être un frein au quotidien. D’autant plus quand il s’agit de “se vendre”. Et parce que je refuse qu’une Entrepreneuse ne puisse pas vivre de son activité à cause de sa grande sensibilité.

Entreprendre quand on est (hyper) sensible, c’est possible ! Il suffit “juste” de prendre le temps de poser vos limites dès le début de votre activité et de rester attentive à vos émotions.

Et vous, comment gérer vous votre hypersensibilité au quotidien dans la gestion de votre activité ?

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